3 jours de découverte du Yémen: Sanaa, Hodeida, Taiz, Sanaa.
J'irai directement sur la route de retour Taiz - Sanaa. Déjeuner, près du col à 3 000 m, dans une halte tenue par une matronne à casquette posé de travers sur son voile peu orthodoxe. Nous nous régalons de pain, mouton, bœuf, mélange de pain, œuf et miel et bien sur de thé.
Au col, un château fort en terre, une vue à couper le souffle sur les montagnes avoisinantes qui surplombent des cultures en étages encore en terre dans l'attente des premières pluies de mai pour s'épanouir. Beaucoup de haltes pour admirer les sites. Parmi ces arrêts, deux kiosques pour apprécier les points de vue. Dans le premier, deux mâcheurs de qat devisent tranquilles et nous saluent d'un salam embrumé. Quelques photos, un coup de fil de Laurence qui se renseigne sur l'avancement de nos discussions, nous croyant toujours avec le client. J'entends son sourire lorsque je lui décris l'endroit d'où je lui parle.
Dans le second kiosque, une ribambelle d'enfants nous accueille avec force démonstrations de "hello" en nous serrant les mains. Ils se laissent prendre en photo pour pouvoir se contempler sur l'écran de l'appareil numérique quelques secondes après, ce qui les fait beaucoup rire. On rit, on se bouscule pour être devant sur la photo, au plus près de l'objectif. Difficile de se décoller de cette petite troupe.
Quelques heures encore et nous arrivons à Sanaa. Visite de la vieille ville (classée patrimoine mondiale à l'Unesco). Superbes maisons à étages très décorées, les premiers immeubles du monde en sorte. On se perd, bien sûr, mais c'est évidemment ce qu'il faut faire. Nous explorons une maison avec une cour intérieure à colonnade et grimpons jusqu'à la terrasse où la ville au coucher de soleil se découvre, minarets, passages étroits, décors de maisons tours. Pour ajouter encore au merveilleux de l'instant, c'est la prière du soir et chaque mosquée retentit de prières rivalisant entre elles pour attirer le fidèle. Ces moments sont rares, nous restons silencieux en contemplation. On imagine pourtant le nombre de richesses qui nous resteront in connues et le temps qu'il faudrait pour en découvrir un infime partie. Frustration renouvelée du voyage touristique.
Le soir, nous dînerons dans un restaurant traditionnel où les poissons sont ouverts, enduits d'une sauce de tomates et piments et cuits au fond d'un four en terre d'où sort une grande flamme. Dîner accompagné de grande galette de pain que l'on trempe à la main dans des mélanges de légumes, variés.
La perspective d'un voyage en Inde ne m'enthousiasmait guère.
La routine d'un nouveau déplacement professionnel, l' idée de passer dix heures dans l'avion et de ne pas dormir, tout cela se reportant sur ma fatigue générale me faisait envisager cette période
avant les vacances comme une corvée. L'impression aussi de rajouter une pierre à notre éloignement et de ne pas prendre le temps de te retrouver ( idée sans suite puisque, de toute façon, ton
énergie était essentiellement tournée vers le théâtre et ton stage à Béthune ). Je bâclais mes préparatifs, confirmait le voyage au Maroc et fuyais le Nord, blasé.
"Personne n'aime le désert. Si les Arabes y vivent, ce n'est que parce qu'ils
ne savent pas où aller, parce que personne ne les laisse aller ailleurs." Cette réplique de Fayçal à Lawrence dans le film de David Lean a toujours laissé Etienne perplexe. Il rêve, assis au
sommet de cette dune. A perte de vue, d'autres dunes et l'espace dense de cette profondeur sidérale. Le désert le contemple et ne se lasse pas du regard de l'homme. Les couleurs ont beau évoluer
à chaque instant, depuis la pâleur fauve de l'aurore jusqu'à l'accablement écrasant du soleil de midi. Les teintes ont beau se diluer dans la fluidité du sable qui s'écoule entre les dunes, pour
Etienne rien ne change. L'Arabe n'aime pas le désert. Et plus il regarde, moins il avance, moins il comprend. Son âme est vide, absorbée par l'infini du silence.
Après les trépidations du Caire et ses
embouteillages légendaires, nous voici à Khartoum qui est très calme ce vendredi. pourtant on sent que la vie change doucement ici. Je ne parle pas des évenements politiques actuels mais plutot des
modifications du paysage urbain.
Derniers avis ...