Il est une maison dans les collines. Un chalet dans un val verdoyant où courre un tout petit fil d’eau. Refuge d’une famille qui a perdu son château au jeu.
Un moulin qui abrite encore tous ses fantômes où se retrouvent chaque été ses membres éparpillés. Centre de gravité qui dans la nuit les réunit encore.
La sage Sophie aime s’y rassembler quand le sol vacille autour d’elle. Parmi les pierres dorées, elle laisse la douce lumière irradier de la source familiale. Elle laisse
courir ses lutins qui murmurent à l'oreille des chevaux.
Ancien moulin – ferme, dépendance du château perdu, la maison de Curtil est un havre où l’on voudrait s’échouer.
Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir...
... Le nord, quoi... mais qu'est c'est bon parfois de se finir dans un estaminet perdu dans les Flandres...
Le bruit courait déjà depuis quelques mois, mais je ne pouvais m'y résoudre, c'était trop fort, trop violent!... Et depuis ce matin, après quelques recherches rapides quoiqu'intenses , la vérité
apparait enfin dure et sauvage, inéluctable puisque de l'auteur elle-même... Eh oui, J.K. Rowling a bien révélé cette afreuse nouvelle: Dumbledore est gay ! Elle le déclare sans ambage dans une
interview donnée au Carnegie Hall à New York.
Pour vous, j'ai séléctionné un extrait de la gazette du sorcier ainsi que deux couvertures de magazines
américains qui ne laissent aucun doute puisque l'intéréssé lui-même a cru nécessaire de confirmer son coming-out... Je suis atterré, c'est tout un imaginaire qui s'écroule, tout une magie qui
s'envole en fumée! Peut-on faire encore confiance à nos valeurs majeures dans ce monde ?
Aidez moi à me relever de ce coup dur, très dur, dites moi que Peter Pan n'y est pour rien !
29 janvier 2008, journée riche en événements ! Arrivé hier à Istanbul, je reprends
l’avion ce matin pour Ankara où Kadir m’attend pour aller à Bogazliyan, puis Aksaray et enfin Konya mercredi soir. Mon avion reste une heure sur la piste d’Istanbul – mauvaises conditions météo
sans doute – mais part enfin et arrive sans problème. Nous prenons la route comme nous l’avons souvent fait tous les deux. Le paysage est blanc d’une récente couche neigeuse qui donne à ces
collines un air de vacances. Au fur et à mesure que nous progressons, le vent s’intensifie au travers de la route et donne des grandes envolées de flocons secs qui ne font que passer d’un champ à
l’autre.
Juste avant Kirsehir, nous sommes soudain arrêtés sur la route par la police qui arrête les camions car plusieurs routes sont
fermées un peu plus loin. Nous passons. A Kirsehir, nous rencontrons à nouveau des autorités qui nous informent que la nationale qui va vers Kayseri est également fermée. Nous décidons donc de
déjeuner et d’essayer ensuite d’aller vers Aksaray directement.
Début d’après-midi, le vent souffle en rafales mais grâce au 4x4 de Kadir, nous poursuivons sans encombre jusqu’ Öktakoy. La
situation empire, mais Kadir garde une confiance absolue en sa puissante machine. Nous décidons malgré tout de monter les chaînes et nous arrêtons dans une station service. Nous entrons dans un
petit bureau au milieu duquel trône un poêle où le gérant se réchauffe. Il appelle un employé qui s’occupera des chaînes. On nous offre un thé, hospitalité turque oblige, que nous dégustons en
nous réchauffant comme eux.
Kadir décide de repartir, mais la route est étroite et les bourrasques de plus en plus violentes. Le ciel se confond avec la
route et les environs. Nous doublons des villageois à pied que nous distinguons à peine. La couche de neige fraîche poussée par le vent s’accumule sur la route. Tout est blanc. Nous ralentissons
de plus en plus. Soudain, la voiture s’immobilise. Kadir a pourtant mis toute sa puissance avec les quatre roues motrice en petite vitesse, rien n’y fait, et bien sûr, nous ne pouvons pas non
plus reculer. Kadir ouvre la porte avec peine, le vent et la neige accumulée la bloque. Nous comprenons vite qu’il n’y a rien à faire, nous sommes bien bloqués.
Il ne reste qu’à attendre que quelqu’un vienne à notre secours car, vous l’aurez déjà deviné, les téléphones portables ne captent
aucun réseau ! Heureusement nous sommes vite rattrapés par le groupe que nous venons de doubler et qui se rendent à pied au village voisin à 4 km. Ils sont heureusement bien équipés. Ils ne
peuvent que nous promettre de prévenir que nous sommes pris au piège. En fait, nous ne sommes qu’à 6 Km d’Öktakoy, mais la force du vent et l’épaisse couche de poudreuse nous interdit tout voyage
à pied.
Nous nous résignons donc et mettons le chauffage à fond. Il est environ 3h de l’après midi. Le vent forcit autour de la voiture,
les flocons tourbillonnent devant les phares. La nuit tombe. Un premier chasse-neige passera vers 6h en essayant de nous dégager sans succès. Un gendarme essaie avec une pelle mais renonce vite.
Il me tend la pelle mais nous n’essayerons même pas tant la tempête est forte. Il dit qu’ils vont repasser. Vers 8h, ils repassent effectivement et ne pouvant toujours pas nous dégager, ils nous
emmènent sans que nous puissions récupérer nos bagages.. Je crois que je n’ai jamais été si content de voir un gendarme ! Je n’ai pourtant pas eu peur puisque nous étions dans une bonne
voiture qui tournait et chauffait bien, le plein fait, mais je ne nous voyais pas passer la nuit ici.
A la gendarmerie, très bon accueil, thé, sourires, surprise de voir un français perdu dans les neiges de l’Anatolie. Le gradé
local nous conduit au seul hôtel du village. Bien sûr, il n’y a qu’une chambre, non chauffée, mais à deux lits et comme aucun kebab n’est encore ouvert ce soir, nous décidons de nous coucher. Il
est 21h. Kadir s’endort pendant que j’écris. Je passerai une nuit en chemise en pantalon de laine, transi sous la très fine couette, à me retourner sans arrêt pour trouver un peu de sommeil. Nous
retournerons prendre le petit déjeuner avec les gendarmes qui nous ramèneront à la voiture et la dégageront facilement. Nous n’étions qu’à quelques centaines de mètres d’un hameau que nous
n’avions même pas vu !
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