Vous y êtes !

Belles images ...

tempete_de_sable.jpgLe vent se lève. Le désert enfle en un épais nuage qui évoque les pires orages continentaux. Le ciel s'obscursit et l'horizon s'efface. Le sable sera bientôt là.

Dans le village, tout le monde s'affaire et récupère chaque ustensile épars; la mère cherche son petit dernier qui jouait il y a encore quelques minutes dans la cour.

Abdel Yousif, le vieux sage, surveille et vérifie que tout est en ordre; il sait lui que cette tempête sera peut-être sa dernière. Il la scrute en fronçant les sourcils. Il cherche au fond de sa mémoire fatiguée, parmi toutes celles qu'il a vécues, mais ne trouve pas trace d'un souffle aussi fort. Lui aussi, il a vu croître leurs forces au fil des ans. Il n'a pas peur pour lui mais pour son village. Qui survivra cette fois ? Que feront ceux qui resteront ? Sera-il là encore une fois pour pleurer les corps déchirés ?

Enfin, Abdel se résigne, il regarde une dernière fois ce monde en fureur où toutes les formes et les colueurs déjà s'estompent et  ferme la porte de sa case pour se réfugier comme les autres dans l'attente de l'apocalypse.

Jef, Khartoum, 20 mars 2008





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Le bruit courait déjà depuis quelques mois, mais je ne pouvais m'y résoudre, c'était trop fort, trop violent!... Et depuis ce matin, après quelques recherches rapides quoiqu'intenses , la vérité apparait enfin dure et sauvage, inéluctable puisque de l'auteur elle-même... Eh oui, J.K. Rowling a bien révélé cette afreuse nouvelle: Dumbledore est gay ! Elle le déclare sans ambage dans une interview donnée au Carnegie Hall à New York.

Pour vous, j'ai séléctionné un extrait de la gazette du sorcier ainsi que deux couvertures de magazines américains qui ne laissent aucun doute puisque l'intéréssé lui-même a cru nécessaire de confirmer son coming-out... Je suis atterré, c'est tout un imaginaire qui s'écroule, tout une magie qui s'envole en fumée! Peut-on faire encore confiance à nos valeurs majeures dans ce monde ?

Aidez moi à me relever de ce coup dur, très dur, dites moi que Peter Pan n'y est pour rien !

Merci de votre soutien,

Jef

People_dumbledore_ImGay.jpgTime-Dumbledore-is-gay.jpg

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Gant_Josephine.JPG
    L'appartement du 4ème gauche du 28 de la rue Custine donnait sur une cour intérieure. Pas de fenêtre sur rues. Le plancher lisse luisait dans l'ombre; sa pente vers la cour lui donnait un air de décor de film expressionniste allemand. Personne n'aurait pu jouer aux billes, ici.

    L'intérieur était peu meublé, un buffet rustique dans le salon, une table en chêne et un fauteuil au cuir élimé constituaient l'essentiel. L'opaline du plafonnier laissait filtrer une lumière pastel qui n'éclairait pratiquement que la table, au centre de la pièce. Un tapis brun-rouge traduisait l'usure du temps et les passages répétés entre la table et le fauteuil. Au mur, pas de tableaux, une photo racornie d'un parent perdu, une coupure de presse jaunie, fixée par deux punaises. Quelques livres traînaient sur le buffet et sur le sol près du fauteuil. Sur l'accoudoir, un cendrier dans lequel fumait doucement une pipe de bruyère.

    Josephine regardait tout cet attirail avec une sérénité  triste. Mon Dieu, pensa-t-elle, comment peut on vivre ici? Comment envisager l'espace d'un seul instant un possible bonheur dans une telle atmosphère? Cela manquait de tout ce qui pouvait rendre la vie agréable. Quelques fleurs, par exemple, ou bien des rideaux jaunes.

    Et puis, cette terrible lumière, ou plutôt cette absence de lumière, donnait à l'appartement un air si lugubre! Il aurait fallu changer ce lustre, installer un halogène, cirer le parquet, mettre un nouveau tapis, virer le buffet, et puis ... et puis, ... Et puis zut. A quoi bon ! Personne ne jouerait plus jamais aux billes ici. Elle le savait depuis longtemps déjà.

    Alors Joséphine resserra sa robe de chambre de laine et se laissa choir dans le vieux fauteuil en soupirant longuement. Le cendrier vacilla, la pipe tomba sur les volumes Gallimard jaunis répandant des cendres brûlantes sur le tapis et le parquet. Elle ne bougeait pas, songeant que cela pourrait bien l'arranger finalement. Joséphine s'endormit paisiblement pour la première fois depuis vingt ans.

Jef



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tasse-de-cafe.jpgLe Khédive était déjà peuplé à cette heure matinale et faisait montre d’une activité presque fébrile. Le café de François refroidissait lentement sur la petite table aux pieds à tête de lion qui la rendaient particulièrement malcommode.

La petite dame à gauche s’est levée, très polie. Au revoir monsieur. Elle a quitté le café avec son chien en poursuivant son monologue. Petite voix intérieure qui avait plusieurs fois fait surface et révélé une douce fêlure participant de l’ambiance du lieu. Ses cartes postales écrites, son paquet de mouchoir, sa jolie carte de téléphone, elle avait tout, elle pouvait avancer.

Le café se réveillait doucement, avec François, entraîné par la voix de Piaf chantant la foule sur radio nostalgie. Le défilé des clients du tabac s’intensifiait, chacun venant recharger sa dose nécessaire de dope quotidienne. Le temps n’avait pas la même consistance dans cet espace réservé entre la fin de nuit et l’arrivée du jour. François aimait ces interstices temporels et regrettait de ne pas pouvoir les vivre plus souvent. Comme une faille dont il profitait à chaque fois pleinement et égoïstement. Ces instants étaient pour lui seul, non partageables, indispensables.

Lors de sa déambulation, il avait croisé les balayeurs qui – tâche ingrate – rendent les trottoirs de la ville à nouveau praticables et les caniveaux navigables. Les premières boutiques s’allument faisant apparaître les mises en place des baguettes, des journaux, une installation de la vie dans la cité.  On pouvait à toute heure vivre, voir, rencontrer la ville comme un libre service qui donnait ces sensations particulières à l’habitant des grandes cités.

Le passage s’annonçait vers une journée nouvelle qui commençait sous la pluie, cette petite pluie si typique du nord de la France qui pouvait être si pénétrante parfois. Hier, une carte de l’ensoleillement moyen montrait clairement le déficit accentué dans la zone la plus extrême. Ils se dirent alors qu’un jour, ils iraient vivre ailleurs pour chercher ce qui manquait ici.

Eleanor Rigby rythmait à présent le lieu provoquant des accents de lovely people. François hésitait à rentrer. L’écriture s’espaçait, se distendait, s’amenuisait pour bientôt s’arrêter naturellement. Ne pas forcer, ne pas vouloir à tout prix pousser le mot à sortir, François savait que cela ne donnerait rien de bon. Et puis lundi serait un autre jour une nouvelle fuite aussi, peut-être – ou un retour – ils partaient pour Bangkok retrouver des effluves connues des goûts oubliés.

Jef
Lille, 16 décembre 2006, 7h30

 

 

 


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Je suppose que vous n'auriez pas forcément eu l'occasion de visiter Portland, Oregon ou de vous passioner pour les acrobaties de skaters sans le dernier film de Gus Van Sant, Paranoid Park ...

Si vous aviez vu Elephant et lu quelques articles sur le gugusse, vous avez surement déjà compris qu'il savait filmer les adolescents et leurs états d''âme comme personne. Mais dans ce fim, c'est encore plus fort avec des moments super intenses sans jamais tomber dans le jugement ni du comportement de ces jeunes ni de leur position dans la société américaine actuelle.

Alors, on peut dire c'est toujours un peu pareil, c'est trop léché, l'image est trop belle ... mais quand même on est sous le charme. Bravo donc pour cet opus que je recommande très fortement !

Jef





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